Ode à Mon Corps

Mon intime compagnon,
Mon nouveau Monde, où je suis la pionnière.
Ma Terre inexplorée
Je découvre tes vallées,
Je gravis tes montagnes,
Je plonge dans tes lacs et tes rivières
Je rampe dans les profondeurs de tes grottes,
Intrépide, enthousiaste.
Ma Terre en mutation, tes paysages se transforment,
De nouvelles courbes se dessinent, la carte change,
Je découvre de nouveaux sentiers, des chemins escarpés,
Je trébuche, je tombe, je me perds, j’ai peur,
Je te déteste, je te veux autre
Tectonique des émotions, cyclone hormonal
Ma Terre tu trembles
De ton antre un torrent gronde
Le sol frémit, se fissure.
Timelapse en accéléré, les saisons s’enchaînent
La Lune pleine se fait noire
Ma Terre obscure
De ta bouche béante,
Rouge et chaude la source jaillit.
Ma Terre, mon Volcan
De ton ventre ton essence s’écoule et m’inonde.
Mon Arbre germe et grandit
Mes racines se déploient,
Mes branches s’élancent vers le ciel.
Le jour se lève et je pleure
Et mes larmes inondent ma Terre meurtrie
Sous l’Arbre fontaine, l’herbe toujours verdit.
Ma Terre magique, alchimique,
J’élargis tes frontières,
Je chevauche au-delà de l’horizon
Je ne fuis pas, je ne fuis plus
Partout, je Suis sur ma Terre
Sur ta peau je pose mes pieds nus
Je te caresse
Je t’étreins, je t’embrasse
Je danse, je crie à en perdre haleine
Je te respire
Profondément
D’amour, je me fonds dans ta rondeur,
Sublime douce et sauvage
Ma Terre

Esther  Lobet 04/06/2016